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  • Marjorie Béchard

Hué

La route est belle entre Hoi Anh et Hué. Il est possible de prendre un chauffeur privé et d'effectuer plusieurs arrêts pour admirer de magnifiques points de vue, entre mer et montagne. Franchement, j'ai hésité à m'arrêter dans cette ville. C'est en fait en regardant un reportage d'Anthony Bourdain, consacré entièrement à Hué, que j'ai décidé de m'y attarder. Tout comme à Hoi An, j'ai l'intention ici de prendre mon temps et de me promener au hasard, tout simplement. La ville est à taille humaine, on peut donc y marcher sans problème (je ne dis pas que la circulation n'est pas dense... elle l'est, mais moins qu'à plusieurs autres endroits où j'ai pu déambuler). Certaines rues dans le quartier des bars et restaurants, deviennent piétonnes en soirée les fins de semaine.


La route d'Hoi An à Hué (ou inversement)


J'ai trouvé les arrêts particulièrement intéressants. Si on ne s'arrête pas, la route peut se faire rapidement, en deux heures et demie de voiture environ (mais tant qu'à le faire... on s'arrête, d'autant que c'est inclus dans la plupart des forfaits de transport). Le premier arrêt est aux "Marble Mountains", à Da Nang Le chauffeur me dépose là et me fait acheter mon billet - j'ai l'impression que c'est une petite pagode que je visiterai en quelques minutes. Heureuse erreur. J'y passe plus d'une heure et j'aurais pu m'y attarder plus longtemps encore. Le complexe comporte des pagodes, des grottes à visiter (très intéressantes, avec de nombreuses statues taillées dans la pierre, c'est plutôt impressionnant), de beaux points de vue sur la ville de Da Nang et la mer. Il y a beaucoup d'escaliers, donc vaut mieux se chausser adéquatement (si vous manquez de temps, êtes à mobilité réduite ou êtes accompagnés de jeunes enfants, il y a un ascenseur, en supplément, permettant d'accéder au sommet du complexe).



Plus loin sur la route, le col de Hai Van offre un paysage spectaculaire, route sinueuse en montagne avec vue sur la mer et un lagon. On peut bien sûr prendre quelques photographies. Un peu plus loin, se trouvent de nombreuses fermes d'huîtres. Une pause à cet endroit n'était pas prévue à l'horaire, mais le chauffeur me demande si je souhaite goûter les huîtres... comme je suis toujours prête à essayer, j'acquiesce. J'avoue avoir eu une crainte, mais le petit restaurant où l'on s'arrête me certifie que les huîtres sont fraîches chaque jour. On me les sert finalement... cuites, sur la coquille, avec un vin de riz en accompagnement. Je dois admettre que le tout est un peu étrange. Je n'ai pas bu le vin (c'est en fait de la boisson assez forte dont le goût tire plus sur la vodka que le vin et à 11h30 du matin... non merci)... et les huîtres étaient correctes. Mais... je préfère les huîtres telles que je les connais à la maison.



J'ai un commentaire sur mon chauffeur... il était excellent, prudent et très gentil! C'est le seul à avoir été agréable comme cela de tout mon séjour au Vietnam. C'est également le seul à qui j'ai donné un bon pourboire en étant bien heureuse de le lui donner (il n'a rien demandé, n'a pas fait de remarques désobligeantes et n'a pas non plus effectué de détours inutiles pour me vendre des babioles).


Hébergement


Cela fait quelques temps que je ne vous ai pas parlé d'hébergement... car cela ne méritait pas d'en parler (il y avait toujours un petit quelque chose suffisamment important pour ne pas vouloir le recommander, mais sans vouloir non plus ternir leur réputation). À Hué par contre, je peux dire que j'ai logé au Rosaleen Boutique Hotel et que j'ai apprécié. J'ai eu une chambre balcon (avec des chaises et une petite table pour s'y installer... ailleurs parfois on nous vend un balcon minuscule et une fois sur place... on réalise qu'il n'y a même pas une chaise pour s'asseoir), vue sur la ville, au 7e et dernier étage de l'hôtel. Les couloirs sont moches (et j'ai eu peur en me rendant à la chambre), mais les chambres ont été rénovées et sont confortables, c'est un hôtel 3*. D'emblée, j'étais donc heureuse de pouvoir profiter de l'action sur mon balcon. L'hôtel possède également une jolie piscine. C'est rare que je réserve dans un établissement d'aussi grande taille, mais cela m'a bien servie cette fois, le personnel était aux petits soins. Le petit-déjeuner buffet est extrêmement copieux, mais malheureusement, le café est infect, comme bien souvent dans les hôtels. On se rattrape en visitant les divers cafés de la ville!



Gastronomie


Dès mon arrivée à Hué, j'ai un petit creux. Comme l'heure du lunch est déjà passée, je trouve un petit quelque chose à manger... sous l'un des ponts traversant la rivière aux Parfums. Des nouilles avec des légumes et du porc rôti. Je commence à être habituée, maintenant, à la cuisine de rue. Au début, j'étais parfois mal à l'aise de m'asseoir au milieu des locaux sur les petits tabourets. Plus maintenant. Et je réalise aussi que bien souvent, cette nourriture est plus savoureuse (et bien moins chère) que ce que l'on trouve dans les restaurants. À Hué, contrairement à Hoi An, on mange plutôt épicé. C'est assez déroutant à quel point la cuisine change, pourtant à une distance aussi courte que moins de trois heures de route. À Hué, on mange aussi beaucoup d'abats. Moins intéressant peut-être pour certains!


Le soir de mon arrivée, j'ai réservé (à nouveau) un food tour. Pas tant pour la nourriture que pour découvrir des endroits plus éloignés de la ville, où je ne me rendrais pas nécessairement par moi-même. Le concept de la compagnie - des étudiantes désirant pratiquer leur anglais (encore), qui font faire le tour en scooter aux clients. Encore une fois, j'ai adoré ma soirée. Je commence à aimer vraiment ça, faire des tours de "motorbike" et je ne rate pas une occasion de pourvoir en faire. Nous mangeons dans les rues et dans des petits restaurants cachés dans des ruelles anonymes (mais très populaires). Hué est une ancienne cité impériale. On m'explique qu'historiquement, la royauté y mangeait parfois des repas pouvant avoir plus de 50 plats différents (composés de diverses petites bouchées). On ressent toujours cette inspiration dans la cuisine locale. On mange une minuscule crêpe gluante, accompagnée d'un craquelin et d'une crevette (banh beo). Une autre pâte, transparente, laisse entrevoir une crevette au milieu (très bon, malgré l'aspect à tout le moins suprenant). Encore une fois, une soupe pho au boeuf, comportant cette fois des morceaux de... boudin. Ma guide est très sympathique, elle vient de Hoi An et connaît donc bien les différences entre les cuisines. Elle conduit prudemment. Je me sens à l'aise de passer la soirée avec une autre fille, donc si vous voyagez seule, je recommande fortement (https://ilovevietnamtour.com). Elle me demande gentiment si je serais disponible le lendemain matin pour prendre un café avec elle et une de ses amies afin de leur faire pratiquer leur anglais. Je n'ai rien de précis à mon programme, donc j'accepte.



Le cours d'anglais improvisé


Ma guide vient donc me chercher le matin en scooter pour m'amener dans un café local. C'est finalement deux de ses amies qui sont déjà là. La séance est populaire en ce dimanche matin! Ma guide parle bien anglais. Ses amies... vraiment moins. Et elles sont tellement gênées de parler. Je leur pose des questions de base, je leur dis comment répondre. L'une d'elles ne peut prononcer un seul mot ou presque. Elle étudie en pharmacie, donc l'anglais est moins nécessaire pour elle. Pour les deux autres, il est requis pour réussir leur diplôme universitaire. Comme toujours, elles semblent bien étonnées qu'à mon âge vénérable (!) je ne sois pas mariée et sans enfants. Vraiment, je suis un drôle d'oiseau en Asie du Sud-Est on dirait. Je ne suis pourtant pas la première voyageuse solo à passer par là. Mais j'ai bien du plaisir avec ces jeunes filles. L'une d'elles me propose d'aller au marché pour me faire goûter son plat favori. J'accepte bien sûr, donc nous partons toutes trois vers le marché en question. Quel est le plat? Des nouilles assez épicées, accompagnées d'herbes locales savoureuses et... de petits morceaux d'intestins de porc. Je n'ai pas le choix d'y goûter. C'est même plutôt bon. Je ne laisse qu'un petit bout d'intestin dans le bol car l'aspect est pire que les autres (précision: le tout est bien nettoyé avant d'être cuisiné). La dame qui nous sert et qui a concocté le plat me sourit sans arrêt et elle dit que c'est la première fois qu'un touriste s'assoit à son kiosque pour manger ça, elle est vraiment contente! Ça fait ma journée (pour ceux qui ont vu le reportage d'Anthony Bourdain sur Hué, le marché est le même que celui où il goûte à une soupe).


Quelques visites culturelles


Hué est l'ancienne capitale impériale du Vietnam et on peut y visiter la Citadelle, comportant de jolis bâtiments et pagodes ceinturés d'un mur. C'est intéressant et plutôt joli (beaucoup de verdure), mais Hué ne fut vraiment pas épargnée par la guerre du Vietnam. En conséquence, certains escaliers de pierre ne mènent à... rien du tout. Cette fois, je n'avais pas de guide, mais je crois que cela aurait ajouté à mon expérience pour mieux comprendre l'histoire du site.



À quelques kilomètres plus loin, se trouvent de nombreux tombeaux et pagodes, ouverts aux visiteurs. Personnellement, j'ai préféré passer par-dessus ces visites pour plutôt aller admirer de l'art vietnamien.


Le Ba Dang Art Museum, consacré à l'artiste du même nom, est sublime, situé en bordure de la Rivière aux Parfums. C'est de l'art contemporain et j'ai été enchantée de découvrir cela à travers les pièces d'un immeuble historique. J'étais la seule à visiter le musée ce matin là! Tellement que la jeune fille à la billetterie a ouvert les lumières juste pour moi et elle m'a d'emblée indiqué l'endroit où se trouvaient les toilettes? Est-ce que des gens vont là uniquement pour ça? Le musée est tout petit, mais j'y ai passé une heure. Les amateurs d'art y trouveront leur compte, mais si vous n'aimez pas l'art contemporain, peut-être moins. Personnellement, je suis bien plus fascinée par ce genre de découverte que par des sites historiques souvent trop achalandés.


Autre musée situé non loin, le Diem Phung Thi Art Exhibition House, consacré à nouveau, à une artiste du même nom, une femme cette fois. Ici, on retrouve des peintures, mais également beaucoup de sculptures. J'ai bien aimé, mais moins que le Ba Dang Art Museum. Il est assez étonnant de constater à quel point les oeuvres ne sont pas bien protégées. Des toiles parfois en plein soleil, aucun éclairage ni température contrôlés, aucun gardien pour assurer une surveillance non plus. Bref, je me suis posé quelques questions sur la pérennité de toutes ces pièces d'art.


Les frais d'entrée à ces musées sont très abordables, entre deux et trois dollars canadiens environ.


Une balade à Hué


J'ai pris le temps de me perdre un peu ici. En faisant cela, je suis tombée sur deux marchés locaux, où les touristes étaient inexistants... donc, je me faisais regarder encore beaucoup! C'est le chaos parfois, les marchés locaux. Certains font leurs achats en ne débarquant même pas de leur scooter et en klaxonnant les piétons pour que l'on se retire de leur chemin. À vendre, toujours les fruits, légumes, poissons, fruits de mer qui bougent encore, poulets... vivants ou déjà abattus, vous avez le choix! C'est agréable d'arrêter prendre un jus à un comptoir et de regarder tout cela aller! On peut admirer les différents aspects de la ville à travers ses nombreux ponts, aussi. À Hué, j'ai peu mangé au restaurant, j'ai surtout profité du street food et des nombreux cafés de la ville. Il m'est arrivé aussi de m'acheter un ban mi (sandwich vietnamien) et de la bière et de déguster le tout sur mon balcon en regardant ce qui se passe en bas!


Pour se balader, les abords de la Rivière aux Parfums sont également très agréables, car y sont aménagés en parcs, ornés de statues. C'est ombragé, donc on peut se reposer un peu de la chaleur (car il peut faire très chaud ici). Petit conseil, avoir son parapluie sur soi en tout temps à Hué est assez important. Il peut y avoir des averses assez soudaines et intenses. Lorsque ça arrive, c'est drôle de voir tous les scooters s'arrêter pour se protéger avec ce que je qualifierais de poncho pour le scooter et son conducteur. On voit que les gens ont l'habitude! D'un autre côté, quand il fait soleil, c'est très chaud... et là ce sont les conductrices de scooter qui se protègent particulièrement. Elles s'habillent pratiquement comme des momies, elles vont même porter des bas, des gants et de quoi cacher tout leur corps malgré la chaleur, car ici, les normes de beauté sont à l'effet que la femme doit être la plus pâle possible, soit le contraire des nord-américaines. On m'a même dit de faire attention aux scooters conduits par ces momies, car les dames sont tellement cachées qu'elles ne voient rien et ne font pas attention!



Mon hôtel était situé dans ce que je croyais être un quartier de touriste. Et bien heureusement, ce n'était pas exactement le cas. Oui, il y avait des touristes et les hôtels qui vont avec, mais également de nombreux locaux qui continuent d'y vivre. Le soir, surtout le weekend, cela bouge! La musique très forte dans les bars, où les jeunes vietnamiens viennent boire de la bière et s'amuser. J'ai été surprise également de voir... du karaoke le samedi soir en plein rue. Les "artistes" chantent et faussent à tue-tête (vraiment assourdissant le volume du son) et des attroupements importants prennent des photos et les encouragent. Si vous logez dans ce quartier... les bouchons sont de mise pour dormir (même au 7e étage, j'entendais très bien les performances musicales).


Cela vaut donc la peine, selon moi, de passer par Hué après (ou avant, c'est selon), Hoi An, pour découvrir une ville complètement différente. De là, il est également facile de prendre un vol vers d'autres régions du Vietnam, puisque s'y trouve un (minuscule) aéroport. C'est de là que j'ai pris mon vol vers Hanoi, où j'ai écrit ces lignes de mon balcon, à ma dernière matinée ici au Vietnam.


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